Oussama Ridouane : « L’indépendance rifaine ne se limite pas à changer de drapeaux ; il s’agit de construire un État de droit et une démocratie authentique. »

Oussama Ridouane : Un leader guidé par la passion et la vision. Il est le premier président élu du Parti National Rifain (PNR), une figure centrale dans la promotion des aspirations de la communauté rifaine. En tant que co-fondateur du parti, créé en septembre 2021 à Bruxelles, Oussama a joué un rôle important dans la définition des orientations et des objectifs du mouvement.

Ancré dans son dévouement à la défense des droits sociaux et à la justice, le leadership d’Oussama se caractérise par son engagement à autonomiser le peuple rifain, à encourager l’unité et à amplifier leur voix sur la scène politique. Ses efforts s’inspirent de l’activisme du mouvement Rif Hirak, basé en Europe, qui milite pour la reconnaissance culturelle, le développement économique et les droits humains dans la région du Rif.

Par son travail, Oussama Ridouane incarne l’esprit de résilience et d’espoir, travaillant sans relâche pour un avenir meilleur pour la communauté rifaine et inspirant d’autres à participer à un changement constructif. Koldo Salazar López pour Otralectura souhaite lui consacrer une interview.

Question : Qu’est-ce que le Parti National Rifain (PNR) et quels sont ses objectifs?

Le Parti National Rifain (PNR) est une organisation politique de libération nationale, fondée par et pour le peuple rifain, dans le but de retrouver leur souveraineté confisquée. Il puise ses racines dans la lutte historique de la République du Rif, proclamée en 1921 sous la direction de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi, le premier chef d’État rifain moderne et une figure essentielle de la résistance anticoloniale. Ce moment fondateur — violemment réprimé par les puissances coloniales espagnoles et françaises avec la complicité de la monarchie marocaine — demeure la pierre angulaire de la conscience nationale rifaine.

Le PNR se présente aujourd’hui comme la continuation politique et morale de cette première indépendance, interrompue mais jamais oubliée. Il représente une réponse structurée et moderne à un siècle de marginalisation, de répression et de déni de l’identité rifaine par le régime marocain. Il s’agit d’un mouvement nationaliste, démocratique, laïque et progressiste, réunissant une large base populaire composée d’acteurs de la société civile, de jeunes, de femmes, d’activistes des droits humains et de la diaspora rifaine à travers le monde.

A – Une mission claire au service du peuple rifain

Le PNR est guidé par un programme politique clair, structuré autour de quatre piliers essentiels :

  1. Défendre le droit fondamental du peuple rifain à l’autodétermination

Le PNR affirme que le peuple rifain constitue une communauté nationale distincte, avec sa propre histoire, sa culture, sa langue et son territoire ancestral. Conformément à la Charte des Nations Unies (Article 1 §2) et à la Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la décolonisation, le PNR exige la pleine reconnaissance du droit à l’autodétermination du Rif comme fondement de toute future indépendance.

Le parti milite activement pour la reconnaissance internationale de la cause rifaine, en cherchant à l’inscrire à l’ordre du jour de la décolonisation des Nations Unies, et en travaillant à sensibiliser l’Union européenne, l’Union africaine et d’autres institutions internationales.

  1. Mettre fin à la domination coloniale, économique, militaire et culturelle du régime marocain. Depuis l’annexion du Rif au sein du Maroc post-colonial, la région a subi une domination systémique sous plusieurs formes :
  • Coloniale, à travers l’effacement de son histoire, de sa mémoire collective et de ses héros nationaux.
  • Économique, via l’exploitation des ressources naturelles et humaines sans bénéfice local.
  • Militaire, le Rif étant l’une des régions les plus militarisées d’Afrique du Nord.
  • Culturelle, par l’arabisation forcée, la suppression de la langue amazighe rifaine (tarifit), et la répression de l’identité indigène.

Le PNR s’engage à dismantler cette structure oppressive, à restaurer la dignité et la souveraineté du peuple rifain, et à établir de nouvelles relations égalitaires avec les partenaires régionaux et mondiaux.

  1. Construire un État rifain démocratique, laïque et pluraliste basé sur les droits de l’homme.

L’indépendance rifaine ne se limite pas à un changement de drapeau ; il s’agit de construire un véritable État de droit et de démocratie. Le PNR est déterminé à établir une République rifaine démocratique, fondée sur :

  • La séparation des pouvoirs et l’équilibre constitutionnel.
  • Une justice indépendante et accessible.
  • Le respect total des droits humains universels, y compris la liberté d’expression, la liberté de croyance, les droits des femmes, et la protection des enfants et des minorités.
  • La laïcité, garantissant la neutralité de l’État en matière religieuse.
  • Pluralisme politique, avec des élections libres et transparentes.

Le futur État rifain garantira la participation égale de tous les citoyens à la vie publique, y compris ceux vivant à l’étranger.

  1. Encourager le retour de millions de Riffains en exil et reconstruire l’économie nationale

Plus de quatre millions de Riffains vivent en exil, principalement en Europe, en raison de la persécution politique, du chômage de masse et du sous-développement chronique imposé par le régime marocain. Cette diaspora — souvent très qualifiée, résiliente et profondément attachée à ses racines — constitue un atout stratégique pour la reconstruction nationale.
Le PNR prépare une politique de remigration volontaire et organisée, qui comprend :

  • Des incitations fiscales et des programmes d’investissement pour les Riffains à l’étranger.
  • Des mesures de réinsertion sociale et professionnelle.
  • La création d’un Ministère pour la diaspora et les retournes afin de coordonner les politiques migratoires.
  • Le lancement de grands projets nationaux de reconstruction : infrastructures, hôpitaux, écoles, zones industrielles et énergie renouvelable.

L’objectif est clair : faire du Rif à nouveau une terre d’opportunités et d’espoir, où le retour n’est pas un rêve mais une réalité viable.

Conclusion

Le Parti National Riffain est plus qu’un parti politique — c’est un mouvement de libération, un plan de reconstruction nationale et un espoir pour tout un peuple. Sa lutte est ancrée dans la légalité internationale, dans la tradition anti-coloniale mondiale, et dans un engagement ferme à briser le cycle de domination et d’humiliation.

Le PNR appelle la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à cette injustice, mais à soutenir activement le processus de décolonisation du Rif, et à reconnaître la légitimité d’un projet politique fondé sur la paix, la démocratie et la dignité.

Question: Depuis 1956, le Rif est occupé par le Maroc. Comment cela a-t-il affecté la composition culturelle et ethnique de la région ?

L’année 1956, souvent célébrée comme l’indépendance du Maroc du régime colonial, a marqué pour le peuple rifain non pas la libération, mais le début d’une nouvelle occupation. Plutôt qu’un moment d’émancipation, elle a représenté une punition collective pour une région qui avait osé affirmer sa souveraineté. Le pouvoir a simplement changé de mains, passant des mains espagnoles au contrôle marocain, sans tenir compte de la volonté du peuple rifain. Cet acte d’annexion a ignoré les aspirations légitimes à l’indépendance déjà exprimées par le Rif. En 1921, Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, président de la République du Rif, éphémère, a adressé une déclaration d’indépendance officielle à la Société des Nations, appelant à la reconnaissance internationale du droit du peuple rifain à l’autodétermination.

Depuis l’occupation militaire marocaine, le Rif a été soumis à une politique systématique de répression culturelle, d’assimilation forcée et d’effacement identitaire. L’identité amazighe ( berbère), en particulier la variété rifaine du langage Tarifit, a été délibérément marginalisée.

La langue rifaine a été réduite à une expression folklorique, tolérée uniquement dans la musique populaire et le discours informel, mais exclue des écoles, des institutions publiques et des médias officiels. Une politique d’arabisation forcée a été imposée pour remplacer la culture indigène vibrante de la région par une identité nationale arabo-islamique centralisée, dictée par l’État.

Pendant des décennies, les noms amazighs ont été interdits, rendant impossible pour les familles d’enregistrer leurs enfants avec des prénoms rifains traditionnels.Cette violence administrative faisait partie d’une stratégie plus large visant à effacer la particularité culturelle du peuple rifain et à imposer une conformité linguistique et culturelle.

De plus, l’histoire du Rif a été délibérément falsifiée, déformée ou complètement effacée. Les figures historiques rifaines, notamment Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi, sont absentes des programmes scolaires marocains, et lorsqu’elles sont mentionnées, elles sont souvent présentées négativement. La résistance héroïque du peuple rifain contre le colonialisme espagnol et français, la fondation de la République du Rif (1921–1926) et les sacrifices d’une génération entière ont été effacés du récit national. Ce n’est pas un hasard ; cela reflète une politique délibérée visant à effacer la mémoire d’un peuple en effaçant ses symboles, ses héros et ses récits fondateurs.

Cette répression de la mémoire s’est accompagnée d’une manipulation démographique. L’État marocain a encouragé l’installation de populations venues de l’extérieur du Rif dans les principales zones urbaines, tandis que les Riffains eux-mêmes ont été poussés vers une migration forcée — que ce soit vers les villes marocaines ou vers l’Europe — à travers la négligence économique et la persécution politique. L’objectif est clair : diluer la cohésion ethnique et culturelle du Rif et empêcher l’émergence d’une résistance organisée.

Malgré plus de six décennies de répression culturelle, linguistique et historique, le peuple rifain n’a pas capitulé. À travers le mouvement populaire Hirak, des efforts de renaissance culturelle de base, et une diaspora politiquement active, la mémoire du Rif est en train d’être revendiquée et transmise. L’esprit de la République du Rif continue d’inspirer des générations qui refusent d’oublier. Le peuple rifain persiste à exiger la vérité, la dignité et le droit à l’autodétermination.

Question: Quelle est la proposition de l’État ? Abdelkrim Jattabi a proposé une république moderne inspirée par la démocratie et la représentativité. Le PNR cherche-t-il la même chose?

Oui, absolument. Le Parti National Riffain (PNR) s’inspire directement de l’héritage politique et philosophique d’Abdelkrim El Khattabi, le leader de la République du Rif (1921–1926). Bien que de courte durée, la République du Rif fut la première expérience souveraine et républicaine en Afrique du Nord, fondée sur les principes de souveraineté populaire, de justice et de résistance anticoloniale. Elle incarnait une vision avant-gardiste de la gouvernance, ancrée dans la démocratie, la dignité et la solidarité internationale.

Aujourd’hui, le PNR poursuit cette vision en plaidant pour la création d’un État rifain moderne, démocratique, laïque et éthique — un État basé non seulement sur les droits historiques du peuple rifain, mais aussi sur les valeurs universelles humaines et le développement inclusif. Cette vision se trouve en opposition totale avec le modèle imposé par le régime marocain, qui maintient un système post-colonial construit sur la répression, la dépendance économique et l’assimilation culturelle.

Ce qui est en jeu, c’est un conflit profond entre deux visions opposées de l’avenir du Rif :

D’un côté, le régime marocain, qui :

exploite la migration comme un outil de chantage géopolitique.

piège le Rif dans une économie souterraine basée sur la drogue et le clientélisme politique.

marginilise délibérément la région comme forme de punition collective.

gouverne par la répression et instrumentalise la religion pour faire taire la dissidence.

favorise une culture d’impunité, de corruption et de peur. De l’autre côté, le Parti national rifain (PNR), qui promeut :

1-Remigration constructive

Contrairement au régime, qui considère la diaspora comme une source de remises et réduit son expression politique au silence, le PNR voit la diaspora rifaine (près de 4 millions de personnes à travers l’Europe) comme un atout stratégique. Le PNR envisage un retour volontaire et soutenu comme une pierre angulaire du renouveau national. Son plan comprend :

programmes de logement et d’infrastructures pour les rapatriés,

Incitations à l’investissement productif (exonérations fiscales, démarches simplifiées),
création d’une Banque des Compétences de la Diaspora pour transférer connaissances, innovations et expertise technique.

Une économie responsable et thérapeutique
Alors que le régime marocain a toléré et tiré profit de la culture illégale du cannabis, le PNR propose une alternative audacieuse et éthique : la légalisation contrôlée du cannabis à des fins médicales et thérapeutiques, conforme aux normes de l’OMS et aux meilleures pratiques mondiales. Ce modèle prévoit :

la création d’une Agence Nationale Rifaine pour le Cannabis Thérapeutique,

des partenariats avec des entreprises pharmaceutiques internationales pour la transformation locale du cannabis,
des coopératives agricoles certifiées garantissant des revenus équitables aux agriculteurs,

une supervision réglementaire stricte pour assurer transparence, traçabilité et santé publique.

Un développement éthique et souverain
Face à des décennies de négligence et de sous-développement, le PNR propose un modèle de développement global basé sur :

La sécurisation du cadre juridique pour attirer des investisseurs éthiques,
une planification écologique (énergie renouvelable, agricultura durable),
le soutien à l’économie sociale et solidaire (coopératives, mutuelles, entrepreneuriat local),

Un fonds souverain rifain pour canaliser les investissements de la diaspora et des partenaires de confiance.

Une démocratie laïque et inclusive
En contraste avec l’autoritarisme religieux du régime marocain, le PNR prône un État démocratique laïque et pluraliste qui garantit :

Une séparation claire entre religion et État,
la liberté de conscience, de croyance et d’athéisme, une constitution fondée sur les droits humains universels, un parlement pluraliste avec une opposition politique protégée.

Une société juste fondée sur la dignité
Alors que le régime marocain prospère sur l’impunité, le PNR propose une république basée sur la justice, où :

les institutions sont responsables devant la loi,
la justice est indépendante et protégée,
un organisme anti-corruption est habilité à enquêter et sanctionner les abus,
les droits des femmes, des enfants, des minorités et des travailleurs sont clairement définis et pleinement appliqués.

Conclusion : Un choix civilisationnel

Le Rif ne peut plus rester piégé dans un système d’autoritarisme, de criminalisation et de répression. La lutte entre le régime marocain et le PNR n’est pas seulement politique — c’est une lutte civilisationnelle. C’est un combat entre la perpétuation de l’oppression et l’émergence d’un nouvel ordre politique, libre et juste.

Ce n’est pas seulement une question interne, mais une question de justice internationale, de cohérence européenne et de stabilité régionale. Le Parti National Riffain offre une alternative sérieuse, crédible et structurée, fondée sur une légitimité historique et engagée à construire une République rifaine souveraine, démocratique et digne.

Il est temps que la communauté internationale cesse d’ignorer cette réalité et soutienne le chemin du peuple rifain vers la liberté, la justice et l’autodétermination.

Question: il y a quelques années, nous avons assisté aux protests du Hirak au Maroc, qui se sont soldées par une répression importante dans le Rif, la fuite de certains leaders et l’emprisonnement de Nasser Zafzafi. Que signifie cet épisode pour le peuple rifain ? Que sait-on de Nasser Zafzafi? Y a-t-il des rapports suggérant qu’il a été torturé?

Le mouvement Hirak Rif, qui a débuté en octobre 2016 après la tragique mort du vendeur de poissons Mohcine Fikri, était bien plus qu’une simple protestation — c’était un moment historique de réveil collectif, de dignité nationale et de mobilisation civique. Pour le peuple rifain, il a ravivé la mémoire des luttes passées, en particulier l’héritage anti-colonial de la République Rifaine et d’Abdelkrim El Khattabi, tout en donnant la parole à des revendications sociales et économiques urgentes longtemps ignorées par l’État.

Le Hirak était profondément pacifique, structuré et inclusif. Mené par une nouvelle génération de jeunes instruits, notamment Nasser Zafzafi, le mouvement demandait l’accès aux soins, à l’emploi, à l’éducation, à l’infrastructure, et surtout le respect et la justice. Il est devenu un véhicule d’expression civique pour une population longtemps muselée, attirant l’attention internationale sur la marginalisation structurelle du Rif.

Le régime marocain a répondu non pas par des réformes, mais par une répression systématique et brutale :

Plus de 1 000 personnes ont été arrêtées arbitrairement, y compris des mineurs ;

Les procès ont été entachés d’ingérence politique, d’accusations fabriquées et de violations procédurales ;

Des leaders comme Nasser Zafzafi ont été condamnés à 20 ans de prison pour activism pacifique ;

La torture et les traitements inhumains des détenus ont été largement documentés — et confirmés officiellement tant par Amnesty International que par le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) du Maroc.

Cette réponse brutale a révélé une chose claire : la protestation pacifique dans le Rif est criminalisée, et l’État considère toute forme de dissidence comme une menace à son pouvoir centralisé.

La répression s’est étendue au-delà du territoire marocain. L’un des cas les plus tragiques et emblématiques est celui d’Ali Aarrass, un citoyen rifain-belge :

Arrêté en Espagne en 2008 et extradé vers le Maroc malgré des avertissements concernant d’éventuelles tortures ;

Détenu sans accès à la famille, torturé en détention, et condamné lors d’un procès profondément biaisé, basé sur des confessions extraites sous la torture ;

A passé plus de 12 ans en prison au Maroc, en dépit des campagnes internationales appelant à sa libération, menées par des défenseurs des droits de l’homme, des parlementaires belges et des experts de l’ONU.

Le cas d’Ali Aarrass révèle comment l’identité rifaine elle-même est criminalisée, et comment le régime marocain utilise la répression transnationale, y compris la pression diplomatique et des accusations fabriquées de terrorisme, pour faire taire les voix même en exil.

Pourtant, le Hirak ne s’est pas arrêté en prison ou en exil. Il a donné naissance à une nouvelle génération d’activistes, de penseurs et de leaders de la diaspora.

Il a transformé la colère en conscience politique, la protestation en organisation civique, et la victimisation en résistance. Le Hirak a également réaffirmé l’urgence d’une protection internationale pour le peuple rifain, dont les droits fondamentaux sont violés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières marocaines.

Surtout, le Hirak demeure un tournant, un symbole puissant de résistance non violente, une revendication de la vérité et de la justice, et un appel à la liberté, à la dignité et à la souveraineté. Il est devenu un chapitre fondamental de la lutte nationale rifaine, un point de non-retour dans la quête de libération.

Violations légales internationales dans la répression du mouvement Hirak
Des rapports et déclarations crédibles des rapporteurs spéciaux de l’ONU ont affirmé que l’État marocain a commis des violations graves et systématiques du droit international des droits de l’homme dans sa répression du mouvement Hirak al-Shaabi dans le Rif, notamment dans le cas de son leader emblématique, Nasser Zafzafi.

Ces violations incluent :

Torture et traitements inhumains, en violation de l’Article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Convention contre la torture des Nations unies (CCT) ;

Détention en isolement, confessions forcées, et condamnations de masse en violation des Articles 9 et 14 du PIDCP (détention arbitraire et absence de garanties d’un procès équitable) ;

Absence de conseil juridique durant les interrogatoires initiaux.

Confinement prolongé en isolement et humiliation ciblée.

Utilisation de confessions issues de tortures comme éléments de preuve principaux lors de procès de masse manquant de transparence, d’indépendance et de garanties procédurales.

Ces faits ont été confirmés de manière indépendante par plusieurs organisations majeures de défense des droits humains. Par exemple :

Amnesty International (2018) et Human Rights Watch (2019) ont toutes deux documenté que Zafzafi a été frappé à la tête et aux organes génitaux, maintenu en isolement prolongé, et contraint de signer des confessions sous la torture, sans accès à un avocat lors de moments clés de sa détention.

Une communication conjointe du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire et du Rapporteur spécial sur la torture (Réf : AL MAR 3/2017) a soulevé de graves préoccupations concernant les conditions de détention des leaders du Hirak, exhortant le Maroc à respecter ses obligations en vertu du droit international des droits de l’homme.

Question : en quoi consiste la violation des droits humains dans le Rif par le régime marocain?

Les actions de l’État marocain dans le Rif ne représentent pas des abus isolés, mais plutôt une campagne systématique et pluridimensionnelle de répression visant le peuple rifain dans ses droits civils, politiques, culturels, sociaux et économiques. Ces violations constituent un mode de persécution structurelle.

En raison de leur ampleur, de leur récurrence et de leur intensité, ces actes atteignent le seuil de violations graves et systématiques du droit international des droits de l’homme, activant ainsi les obligations internationales en vertu de la doctrine de la Responsabilité de Protéger (R2P).

Criminalisation de la Dissidence Pacifique

Après les protestations du Hirak al-Shabi en 2016–2017, plus de 1 000 Riffains ont été arrêtés arbitrairement, notamment des enseignants, des artistes, des étudiants et des jeunes sans emploi dont le seul « crime » était de revendiquer l’accès aux soins de santé, à l’emploi et à la dignité.

Des figures de premier plan telles que Nasser Zafzafi et Nabil Ahamjik ont été condamnées à 20 ans de prison après des procès de masse fondés sur des accusations vagues comme « sabotage de la sécurité de l’État ». Ces procès ont été largement critiqués par les observateurs internationaux pour leur manque d’indépendance judiciaire, d’équité et de transparence.

Ces actions violent les Articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Usage de la torture et détention arbitraire

Des organisations indépendantes telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et EuroMed Rights ont documenté :

Des coups violents (notamment à la tête et dans les organes génitaux),

Des menaces d’électrocution et des simulacres d’exécutions,

L’isolement cellulaire, le déni de soins médicaux et l’absence d’accès à la justice,

Des aveux forcés sous la torture, utilisés comme pièces à conviction lors des procès.

Ces abus ont été officiellement reconnus par le Conseil national des droits de l’homme du Maroc (CNDH) et dénoncés dans des communications de l’ONU, notamment une lettre conjointe du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire et du Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture (Ref : AL MAR 3/2017).

Ces violations contreviennent aux Articles 7, 9 et 14 du PIDCP, ainsi qu’aux Articles 1 et 16 de la Convention contre la torture des Nations Unies (CAT).

Effacement culturel et linguistique

Le régime marocain a poursuivi une politique de répression culturelle et d’assimilation forcée dans le Rif, jusqu’à pouvoir qualifier cela de nettoyage culturel :

La langue Tarifit reste exclue de l’administration publique et marginalisée dans le système éducatif.

Abdelkrim El Khattabi, héros de la résistance anticoloniale, est effacé des programmes scolaires ou diabolisé comme séparatiste.

Les commémorations de l’histoire rifaine sont souvent interdites, censurées ou violemment réprimées par les forces de sécurité.

Ces pratiques contreviennent à :

Aux Articles 8 et 13 de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) ;

À l’Article 27 du PIDCP (protection de la culture des minorités) ;

Aux Articles 17 et 20 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (identité culturelle et droit de résister à l’oppression).

Marginalisation économique et sociale

Le Rif demeure l’une des régions les plus déshéritées économiquement au Maroc, avec :

Un des taux de chômage des jeunes les plus élevés du pays,

Une négligence dans les investissements en infrastructure publique,

La criminalisation des moyens de subsistance traditionnels tels que la pêche artisanale et la culture du cannabis (malgré sa légalisation partielle récente), ce qui pousse des milliers de personnes à la migration forcée ou à l’exil économique.

Cette marginalisation n’est pas accidentelle, mais fait partie d’une politique délibérée de punition collective, longtemps utilisée par le régime marocain pour réprimer la dissidence.

Ces politiques violent :

L’article 1(2) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) (droit de poursuivre librement le développement économique),

La Résolution 41/128 de l’AGNU (Déclaration sur le droit au développement).

Conclusion : Un cas de responsabilité internationale

Les actions du régime marocain dans le Rif constituent une campagne soutenue et institutionnalisée de répression, visant à faire taire une population indigène distincte par la criminalisation, l’effacement culturel, le sabotage économique et la violence d’État.

Ces actions engagent la responsabilité de l’État selon les Articles sur la responsabilité de l’État (ARE) et légitiment les revendications marocaines de souveraineté légitime sur le Rif. Elles renforcent également le cas juridique en faveur de la sécession réparatrice, comme indiqué dans la Résolution 2625 (XXV) de l’Assemblée générale de l’ONU (1970), lorsqu’un peuple se voit privé de l’autodétermination interne et est soumis à des violations persistantes des droits humains.

La communauté internationale doit reconnaître que la situation dans le Rif ne relève pas d’une affaire interne, mais constitue une crise de justice et de légalité internationales. Le silence n’est plus une position neutre, c’est une complicité.

Question: La partie dispose-t-elle d’une représentation et de commissions internationales pour solliciter le soutien d’autres pays et organisations internationales?

Oui. Le Parti National Rifain (PNR) a mis en place des commissions internationales et des cellules diplomatiques dédiées à la représentation de la cause rifaine à l’étranger et à la mobilisation du soutien des États, des partis politiques, des ONG et des institutions internationales. Dans le cadre de cette stratégie, le PNR a ouvert un bureau de représentation officiel en Algérie, un pays historiquement favorable aux mouvements de libération nationale. Cette présence diplomatique constitue une étape importante dans l’internationalisation de la lutte rifaine.

De plus, le PNR a reçu une reconnaissance politique et un soutien de la part de plusieurs partis influents à travers le continent africain, notamment en Afrique du Sud et au Mozambique, deux nations ayant une profonde héritage de résistance anti-coloniale. Le Front Polisario, le représentant légitime du peuple sahraoui et un acteur clé pour le droit à l’autodétermination, a également établi des liens fraternels avec le PNR. Ces appuis renforcent encore la légitimité de la cause rifaine selon le droit international, en particulier le droit des peuples à l’autodétermination.

Grâce à ses commissions internationales, le PNR participe à des conférences, rencontre des parlementaires, publie des rapports multilingues et œuvre pour faire inscrire la question rifaine à l’agenda des organisations internationales telles que les Nations Unies, l’Union européenne, l’Union africaine et Amnesty International. Cette diplomatie active cherche à briser l’isolement imposé au peuple rifain et à garantir une protection, une justice et une reconnaissance internationales pour leur cause.

Question: Comment la réaction géopolitique et diplomatique du régime marocain a-t-elle été face à votre présence et vos activités?

Depuis l’émergence et la visibilité accrue du Parti National Rifain (PNR) sur la scène internationale, le régime marocain a adopté un schéma clair de alarmisme et de mesures de riposte agressives. Cette réaction est alimentée par la crainte aiguë du régime que les revendications légitimes et l’activisme pacifique du peuple rifain ne viennent remettre en question la narration strictement contrôlée du Maroc sur l’unité nationale et l’intégrité territoriale.

Pressions diplomatiques et campagnes d’intimidation :

Le Maroc a déployé son corps diplomatique dans le monde entier, notamment dans les pays où le PNR opère ou cherche à établir une présence. Via ses ambassades et consulats, les responsables marocains mènent un lobbying discret, exerçant des pressions sur les gouvernements étrangers, les partis politiques et les organisations internationales pour isoler le mouvement rifain. Cela implique souvent des tentatives de qualifier le PNR de groupe « séparatiste » ou « terroriste », visant à délegitimer ses revendications politiques et à justifier la répression.

Propagande et désinformation :

Le régime orchestre des campagnes de propagande systématiques ciblant les médias internationaux, les réseaux sociaux et l’opinion publique. Ces campagnes cherchent à déformer les faits, à diffuser de fausses informations sur la situation au Rif, et à présenter la lutte rifaine comme étant déstabilisatrice ou illégitime. Les médias d’État et les médias alliés véhiculent fréquemment des narratifs minimisant les violations des droits humains ou accusant le PNR et ses soutiens de fomenter des troubles pour le compte d’intérêts étrangers.

Criminalisation de l’activisme pacifique :

Sur le terrain et à l’étranger, les autorités marocaines tentent de criminaliser l’activisme des leaders rifains et de leurs sympathisants. Cela inclut harcèlement, arrestations arbitraires, persécutions judiciaires et surveillance. À l’étranger, le régime utilise parfois des notices Interpol ou la coopération policière bilatérale pour intimider les activistes et limiter leur liberté de mouvement. Ces tactiques ont pour but d’affaiblir la capacité organisationnelle du mouvement rifain et d’instiller la peur parmi ses membres.

Peurs de reconnaissance et de soutien international :

L’hostilité du Maroc est alimentée par le potentiel que la voix rifaine puisse gagner du terrain dans les forums internationaux tels que les Nations Unies, le Parlement européen, les organisations de défense des droits de l’homme et les cercles diplomatiques. La reconnaissance du droit à l’autodétermination du Rif ou la documentation des abus remet en question la narration du régime et pourrait entraîner des appels à la responsabilité. Cette menace pour la stature diplomatique du Maroc renforce sa posture répressive.

Notre réponse et notre résilience :

Malgré ces pressions et tentatives d’intimidation, le PNR et le mouvement rifain dans son ensemble restent résolus. Nous rejetons toute forme de répression et de diffamation, continuant à défendre notre cause de manière pacifique et transparente. Nous construisons des alliances avec des défenseurs internationaux des droits humains, des parlementaires et des acteurs de la société civile qui reconnaissent la légitimité de notre lutte. Notre résilience et notre engagement envoient un message clair: aucune pression géopolitique ou propagande ne pourra faire taire la voix d’un peuple qui demande justice et liberté.

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